El Trapiche de Santa Gertrudis

Publié le par Jean-Mi

La récolte de la canne a sucre bat son plein, et c'est le moment idéal pour aller voir fonctionner un trapiche, c'est-à-dire un moulin à canne à sucre traditionnel. Ca tombe bien, nous en avons un pas loin de chez nous !

Il se trouve à Santa Gertrudis, à l'est de Grecia sur la route de Poas.  Ce moulin est utilisé le dimanche pour que les gens voient comment ça fonctionnait autrefois. C'est un moulin à eau, situé dans un joli cadre boisé, avec piscines et ranchos pour pique-niquer. L'endroit est pas mal couru et ce dimanche il est noir de monde (uniquement des ticos car ce n'est pas un lieu connu des touristes).

La canne à sucre est broyée entre des roues dentées (entrainées par une chute d'eau) de façon à en extraire le jus. Celui-ci est versé dans de grands chaudrons métalliques nommés pailas, qui sont chauffés par en-dessous. Ce sont les cannes elle-mêmes, une fois broyées et séchées, el bagazo, qui alimentent le feu. Dans la canne à sucre, rien ne se perd !


Il y a plusieurs de ces grandes cuves et le jus de canne passe de l'une à l'autre au cours du procédé de cuisson.

Au tout début, le jus est légèrement chaulé, ce qui aide à sa purification.  Une fois débarassé de ses impuretés, il est versé dans le chaudron suivant. Lors des diverses étapes, il s'épaissit en perdant de l'eau, devenant de plus en plus concentré, on l'appelle alors la miel.

Quand la cuisson est suffisante, ce liquide ambré peut être prélevé et travaillé pour obtenir de délicieuses confiserie, si au contraire on le laisse cuire encore pour mener le processus à son terme, on obtient le produit final, un sucre roux cristallisé ou tapa dulce.

Nous avons vu la fabrication de deux confiserie : la melcocha et el sobado.

Pour la melcocha, le jus est étendu sur des plaques de pierre lisses, refroidies par un bassin d'eau fraîche. On peut alors y rajouter des cacahuètes, des noisettes ou toute sorte de bonnes choses. Une fois solidifié, on obtient une pâte souple qui est retravaillée à la main, pendue à un crochet de bois, jusqu'à obtention du produit final, pas mal collant et très goûteux.

La miel est répandu sur des pierres froides

Tout le savoir-faire du trapichero est dans le torsadage de la melcocha !

En ce qui concerne el sobado, la recette est encore plus simple : le sucre de canne chaud est versé dans de grands moules peu épais et on y rajoute du lait en poudre. Le résultat est un sucre à mi-chemin entre nougat et caramel. C'est délicieux, croyez nous !

Finalement, quelques heures plus tard, le sucre qui était resté à cuire dans les chaudrons est versé dans des moules en bois qui lui donnent un forme de bouchon, d'où le nom de tapa dulce. C'est ce produit, râpé et avec de l'eau chaude et du lait qui donne cette énergétique boisson locale l'agua dulce qu'il est si bon de consommer à l'heure du thé !

Sucrée journée !

Publié dans Journal

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C
Hello Jean-Mi -je suis activement ton blog , la description est très détaillée et les photos sur le "trapiche" sont super - le sujet est vraiment passionnant et il est vrai qu'il faut vivre avec les ticos - projet que je continue à étudier ...a bientôt et merci pour la réponse "où est le vent" lol<br />
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